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Toucher à l’âge légal et allonger
la durée de cotisation ne règleraient ni le problème financier ni celui
de l’emploi des seniors, contrairement aux arguments déployés par le
gouvernement. Explications.
À part plaire aux marchés financiers, aucun des
arguments avancés pour mettre fin à la retraite à 60 ans ne tiennent la
route. Contrairement aux affirmations du gouvernement, le recul de
l’âge légal de départ à la retraite ne règlera pas le problème
financement du régime par répartition, qui souffre d’abord d’un manque
de ressources. Les syndicats, notamment FO, l’ont démontré à plusieurs
reprises (voir notre article du mercredi 19 mai 2010). Autre argument
martelé par le gouvernement, l'âge légal à 60 ans serait «une barrière
psychologique» qui pousserait les employeurs dégager leur salariés 55
ans et plus, dont le taux d’emploi tourne aujourd’hui autour de 38%. Or
rien n’a jusqu’ici démontré que le fixer au-delà de cette limite
dissuaderait les entreprises de se débarrasser de leurs «seniors».
Comme l’explique FO, on ne fait là aussi que déplacer le problème: avant
de prétendre à une retraite, ces salariés seront soit au chômage soit,
pis, en invalidité.
Pour FO, il suffit d’étudier les
différentes données disponibles en la matière pour s’en convaincre.
Selon des chiffres de Pôle emploi, en 2009, le nombre de demandeurs
d’emploi âgés de «50 ans et plus» a bondi de 22% sur un an et celui «des
55 ans et plus» de 37 %, pour s’établir respectivement à 650 700 et 301
300. Une fois au chômage, les seniors ont également le plus grand mal à
retrouver un emploi. À partir de 50 ans, ils ne représentent que 9 %
des recrutements, que ce soit en CDD, en CDI ou en intérim. Autres
données, autre démonstration, FO a étudié la corrélation entre l’âge
légal de départ à la retraite et l’invalidité en s’appuyant sur des
données de la Caisse nationale d’assurance vieillesse (CNAV). En 1982,
au temps où la retraite était fixée à 65 ans, fait remarquer la
confédération, 42% des pensions avaient été attribuées ainsi au titre
de l’invalidité ou de l’inaptitude au travail. «Un chiffr e qui n’avait
cessé d’augmenter, passant de 22% en 1962, à 31% en 1972 et donc 42% en
1982, soit une progression de l’ordre 10 points par décennie»,
explique-t-elle. À partir de 1983 et l’institution de la retraite à 60
ans, la tendance n’a cessé de s’inverser. En 2009, la CNAV a attribué
ainsi 117.942 pensions au titre de l’invalidité ou de l’inaptitude au
travail (environ de 18%) sur un flux total de 660.471 nouveaux
retraités.
Autant de raisons pour lesquelles, parmi d’autres,
FO estime que remettre en cause la retraite à 60 ans est une erreur
fondamentale, tant sociale qu'économique, qui marquerait un recul social
important.
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